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Le Tour du monde en quatre-vingts jours
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Jules Verne
1872

Le Tour du monde en quatre-vingts jours

par Jules Verne
AuteurJules Verne
Parution1872
Pages~272
LangueFrançais
LicenceDomaine public
Temps de lecture estimé
~7 heures · 272 pages · 474 mots d'analyse éditoriale
7h
lecture

À propos de l'œuvre

Le Tour du monde en quatre-vingts jours, publié en feuilleton dans Le Temps entre 1872 et 1873, est l'un des romans les mieux construits de Jules Verne. Phileas Fogg, Anglais de Londres au mode de vie si rigoureusement régulier qu'il en devient comique, parie à son club vingt mille livres sterling qu'il peut faire le tour du monde en quatre-vingts jours exactement, délai rendu possible par l'ouverture du canal de Suez et l'achèvement du transcontinental américain. Il part le soir même avec son valet français Passepartout. L'inspecteur Fix, convaincu que Fogg est un voleur recherché, le suit à chaque étape.

Thématiques et portée

Verne écrit le roman dans un contexte d'accélération des communications mondiales — le télégraphe électrique, la vapeur, les canaux — et son sujet réel est cette transformation de la perception du monde par la technique. Ce que Fogg traverse n'est pas le monde au sens anthropologique du terme : ce sont des nœuds de réseau connectés entre eux par des lignes que l'argent permet de parcourir. Fogg n'est pas curieux ; il est ponctuel. Que Fogg gagne son pari en ayant omis de compter le décalage horaire accumulé vers l'est est une ironie de précision que Verne construit avec soin.

Pourquoi lire ce livre aujourd'hui ?

Le Tour du monde en quatre-vingts jours est souvent lu comme un roman d'aventures. C'est aussi une méditation sur ce que la mondialisation fait à la perception de l'espace : quand le monde est devenu un réseau de connexions, la fascination pour l'altérité qu'implique le voyage traditionnel est remplacée par la satisfaction du timing. Ce portrait d'un homme qui traverse le monde sans vraiment le voir est peut-être le plus actuel du roman.

Le roman a été écrit dans un contexte d'enthousiasme pour la compression des distances par la technique, mais Verne y introduit des complications qui tempèrent cet enthousiasme. L'enlèvement d'Aouda en Inde, le seul épisode du roman qui impose une rencontre réelle avec un autre être humain, est précisément ce qui ralentit le voyage et ce qui lui donne son sens. Sans Aouda, Fogg aurait accompli son pari à temps — et le roman n'aurait rien dit d'autre que l'efficacité des horaires.