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Bel-Ami
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Guy de Maupassant
1885

Bel-Ami

par Guy de Maupassant
AuteurGuy de Maupassant
Parution1885
Pages~378
LangueFrançais
LicenceDomaine public
Temps de lecture estimé
~9 heures · 378 pages · 472 mots d'analyse éditoriale
9h
lecture

À propos de l'œuvre

Bel-Ami, publié en 1885, est le deuxième roman de Maupassant et celui qui lui a apporté la célébrité immédiate. Georges Duroy, ancien sous-officier originaire de Normandie, arrive à Paris sans fortune ni relations. Une rencontre de hasard avec un ancien camarade, journaliste installé, lui ouvre les portes du journal La Vie française. Duroy n'a ni talent littéraire — ses premières chroniques sont écrites par la femme de son ami —, ni convictions politiques, ni scrupules particuliers. Ce qu'il a, c'est une beauté physique et un instinct pour ce que les femmes attendent de lui, qu'il utilise systématiquement pour progresser.

Thématiques et portée

Maupassant décrit la Troisième République naissante non pas comme un régime de mérite et de vertu civique, mais comme un marché où les réputations se fabriquent et où la presse sert les intérêts financiers de ceux qui la possèdent. Les articles de La Vie française sur le Maroc ne sont pas des opinions : ce sont des instruments de spéculation boursière pilotés par le député Walter. Duroy apprend cela sans indignation, simplement comme une règle du jeu qu'il décide d'appliquer à son propre avancement. Ce roman écrit par un journaliste sur la presse a une précision documentaire qui le distingue de la satire de convention.

Pourquoi lire ce livre aujourd'hui ?

Ce qui fait de Bel-Ami un roman durablement perturbant, c'est que Duroy réussit. Il n'est pas puni, il ne se rachète pas. La dernière page le montre riche, respecté, gravissant les marches de la Madeleine sous les regards admiratifs d'une foule. Maupassant refuse la catharsis morale habituellement accordée aux héros corrompus, et c'est précisément ce refus qui conserve au roman son mordant. La question de ce que la société récompense réellement reste aussi ouverte qu'en 1885.

La structure du roman suit une progression géométrique : chaque étape de l'ascension de Duroy est rendue possible par la précédente, et chaque conquête — sentimentale, journalistique, financière — ouvre la suivante. Maupassant a construit une machine narrative dont le carburant est l'opportunisme, et il l'a construite de façon à ne jamais laisser le lecteur oublier que personne dans ce monde n'est entièrement innocent.