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Les Misérables
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Victor Hugo
1862

Les Misérables

par Victor Hugo
AuteurVictor Hugo
Parution1862
Pages~1232
LangueFrançais
LicenceDomaine public
Temps de lecture estimé
~31 heures · 1232 pages · 437 mots d'analyse éditoriale
31h
lecture

À propos de l'œuvre

Les Misérables, publiés en 1862 en cinq volumes après plus de vingt ans de gestation, représentent l'un des projets romanesques les plus ambitieux du XIXe siècle. Jean Valjean, condamné à dix-neuf ans de bagne pour un pain volé, sort transformé par la rencontre avec l'évêque Myriel qui, au lieu de le dénoncer, lui offre ses chandeliers d'argent. Ce geste inaugural de grâce gratuite structure le roman entier : Valjean passe les décennies suivantes à tenter de mériter cette confiance dans un État dont Javert incarne la logique implacable et non négociable.

Thématiques et portée

Hugo intercale dans la fiction des digressions considérables — sur les égouts de Paris, sur la bataille de Waterloo, sur l'argot des faubourgs — qui constituent l'argumentation politique du livre. En montrant ce que Paris cache sous sa surface, Hugo démontre que la misère n'est pas un accident moral mais une infrastructure. La trajectoire de Javert, personnage d'une cohérence idéologique absolue qui se retrouve incapable de survivre à sa propre mise en contradiction, est l'analyse la plus fine du roman : la loi, sans grâce, produit inévitablement sa propre impasse.

Pourquoi lire ce livre aujourd'hui ?

Les adaptations en retiennent la trame émotionnelle en évacuant précisément ce qui fait la spécificité de Hugo : la thèse selon laquelle la société produit activement ses criminels en leur refusant les conditions d'une vie humaine. Lire les Misérables dans leur intégralité, y compris les digressions, c'est lire l'un des plaidoyers les plus documentés du XIXe siècle pour ce que nous appellerions aujourd'hui la justice structurelle.

La rédaction du roman a été interrompue par l'engagement politique de Hugo sous la Deuxième République (1848-1851) et par son exil après le coup d'État de Napoléon III. C'est depuis Guernesey, avec la distance de l'exil, que Hugo a terminé le roman et lui a donné sa forme définitive. Cette interruption de seize ans est visible dans le texte : les parties écrites après 1861 ont un ton plus sombre et une analyse politique plus précise que les premières ébauches des années 1840.