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Don Quichotte
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Miguel de Cervantes
1605

Don Quichotte

par Miguel de Cervantes
AuteurMiguel de Cervantes
Parution1605
Pages~982
LangueFrançais
LicenceDomaine public
Temps de lecture estimé
~25 heures · 982 pages · 471 mots d'analyse éditoriale
25h
lecture

À propos de l'œuvre

Don Quichotte, dont la première partie parut en 1605 et la seconde en 1615, est généralement présenté comme le premier roman moderne de la littérature occidentale. Alonso Quijano, hidalgo de La Manche d'âge mûr dont le cerveau s'est ramolli à force de lire des romans de chevalerie, se rebaptise Don Quichotte et part à l'aventure pour défendre les faibles et honorer sa dame Dulcinée du Toboso — paysanne ordinaire transformée en princesse dans son imagination. Accompagné de son écuyer Sancho Panza, paysan pragmatique qui croit simultanément et ne croit pas à la folie de son maître, il traverse une Espagne du début du XVIIe siècle où ses gestes de chevalier errant ne produisent que du ridicule.

Thématiques et portée

Ce qui a fait du Don Quichotte le texte fondateur de la réflexion sur le roman, c'est qu'il met en scène le rapport entre la fiction et la réalité avec une sophistication que la théorie littéraire moderne n'a pas dépassée. Don Quichotte vit dans un monde interprété à travers des grilles tirées de la fiction chevaleresque ; quand il voit des moulins, il voit des géants parce que c'est ce que son cadre interprétatif lui impose. Dans la seconde partie, des personnages ont lu la première partie et jouent des tours à Don Quichotte en faisant semblant d'être des personnages de romans. La fiction contamine la réalité, qui contamine la fiction en retour.

Pourquoi lire ce livre aujourd'hui ?

Ce que Cervantès a construit, c'est un personnage dont la folie est indissociable de sa grandeur morale : Don Quichotte est le seul personnage du roman qui prend les valeurs de chevalerie au sérieux. La question de savoir s'il vaut mieux vivre dans l'illusion héroïque ou dans le pragmatisme cynique reste posée jusqu'à sa mort, quand il revient à la raison et perd du même coup sa grandeur. Cette question, que Cervantès pose sans la résoudre, est ce qui maintient le roman vivant après quatre siècles.