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Jane Eyre
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Charlotte Brontë
1847

Jane Eyre

par Charlotte Brontë
AuteurCharlotte Brontë
Parution1847
Pages~507
LangueFrançais
LicenceDomaine public
Temps de lecture estimé
~13 heures · 507 pages · 461 mots d'analyse éditoriale
13h
lecture

À propos de l'œuvre

Jane Eyre, publié en octobre 1847 par Charlotte Brontë sous le pseudonyme de Currer Bell, fut un succès immédiat. L'autobiographie fictive de Jane Eyre, orpheline élevée dans la famille hostile de sa tante Reed puis dans le pensionnat austère de Lowood, raconte son emploi comme gouvernante à Thornfield Hall auprès de Mr. Rochester, la révélation qu'il a une femme cachée dans les greniers de sa demeure (Bertha Mason, créole jamaïcaine que la narration présente comme folle), et sa décision de quitter Rochester plutôt que de devenir sa maîtresse.

Thématiques et portée

Jane Eyre a été relu depuis les années 1970 en tenant compte du personnage de Bertha Mason, traité dans le roman comme un obstacle à écarter plutôt que comme un être humain. Jean Rhys a écrit en 1966 Wide Sargasso Sea pour donner une voix à Bertha et montrer comment la narration de Jane la déshumanise. Cette relecture postcoloniale est légitime et a renouvelé l'interprétation du roman. Elle n'annule pas ce que Jane Eyre accomplit dans son propre cadre : la construction d'une protagoniste féminine qui affirme sa valeur intrinsèque indépendamment de son statut social et de l'approbation masculine.

Pourquoi lire ce livre aujourd'hui ?

Jane Eyre se lit aujourd'hui avec une double conscience : celle du roman de formation féminine qu'il constitue dans son propre cadre narratif, et celle des angles morts que ce cadre produit. Cette double lecture est plus riche qu'une lecture qui choisirait entre les deux. Le roman de Brontë est traversé par des contradictions — entre l'émancipation de Jane et la subordination de Bertha, entre l'affirmation de l'indépendance féminine et le cadre romance — qui en font un texte plus complexe que sa réputation de roman sentimental ne le suggère.

Ce qui rend le roman durablement perturbant, c'est que Jane ne triomphe pas simplement parce qu'elle a raison : elle triomphe parce que les circonstances lui donnent raison a posteriori. La Providence brontëenne — le coup de foudre qui détruit Thornfield, l'appel mystérieux qui la rappelle à Rochester — est le mécanisme par lequel le roman récompense l'intégrité. Que ce mécanisme soit crédible ou non, il dit quelque chose de précis sur ce que Brontë voulait que son roman signifie.