La Divine Comédie, composée par Dante Alighieri entre environ 1308 et 1321, est organisée en trois parties — l'Enfer (Inferno), le Purgatoire (Purgatorio) et le Paradis (Paradiso) — comprenant chacune trente-trois chants, plus un chant d'introduction, soit cent chants en tout. Elle est rédigée en toscan, langue vulgaire, et non en latin : Dante entend démontrer que la langue du peuple peut porter une œuvre aussi ambitieuse que le latin de Virgile. Le récit suit Dante lui-même, guidé successivement par Virgile (Enfer et Purgatoire) puis par Béatrice (Paradis).
La structure de l'Enfer est fondée sur le principe de la contrapasso : chaque châtiment est formellement lié à la faute commise, de sorte que la peine révèle l'essence du péché. Les simoniaques, qui ont vendu des offices sacrés, sont plantés la tête en bas dans des trous, les pieds au feu. Cette logique est cohérente et pédagogique, mais Dante la complique constamment par sa compassion pour certains damnés, comme Paolo et Francesca (Chant V), dont il s'évanouit de pitié. Cette tension entre le jugement théologique et la réaction humaine du narrateur est constitutive de l'œuvre.
La Divine Comédie est à la fois un poème théologique ancré dans la cosmologie médiévale et un document politique acéré : Dante y place des papes en Enfer, y règle ses comptes avec les factions florentines qui l'ont exilé, et y inscrit sa vision de la justice politique d'une façon qui déborde largement le cadre religieux. Les meilleures traductions françaises permettent d'approcher la densité du texte original ; mais même à travers une traduction, la puissance des images — le marécage des coléreux, le lac gelé de Cocyte, la rose des élus — reste intacte.
Une remarque pratique pour le lecteur francophone : les éditions bilingues, qui donnent le texte italien en regard de la traduction française, permettent même sans connaissance de l'italien de sentir la musique des tercets. Le schéma de rime de Dante — l'enchaînement en ABA BCB CDC — crée un mouvement continu, presque respiratoire, qui est partie intégrante du sens. Aucune traduction ne peut reproduire cela entièrement, mais certaines se rapprochent davantage que d'autres.