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Le Portrait de Dorian Gray
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Oscar Wilde
1890

Le Portrait de Dorian Gray

par Oscar Wilde
AuteurOscar Wilde
Parution1890
Pages~254
LangueFrançais
LicenceDomaine public
Temps de lecture estimé
~6 heures · 254 pages · 467 mots d'analyse éditoriale
6h
lecture

À propos de l'œuvre

Le Portrait de Dorian Gray, publié dans Lippincott's Monthly Magazine en 1890 puis en volume en 1891, est le seul roman d'Oscar Wilde. Dorian Gray, jeune homme d'une beauté exceptionnelle, entend sous l'influence de Lord Henry Wotton que la beauté est la seule chose qui vaille et souhaite que son portrait vieillisse à sa place — son vœu est exaucé. Le tableau accumule les signes de la corruption morale de Dorian tandis que son visage reste lisse. Dorian, libéré des conséquences visibles de ses actions, s'enfonce dans une vie d'hédonisme sans contrainte qui détruit tout ce qu'il touche.

Thématiques et portée

Wilde construit un roman à thèse tout en résistant à la thèse. La préface, ajoutée en 1891, proclame l'inutilité morale de l'art. Le roman lui-même est une démonstration du contraire : Dorian Gray est une parabole sur les conséquences de l'hédonisme moral, structurée comme un roman gothique avec un pacte faustien au centre. Ce paradoxe — un roman esthétiste qui fonctionne comme un roman moral — est délibéré : Wilde voulait que le roman soit lisible à la fois comme une apologie de la beauté et comme un avertissement sur ses limites.

Pourquoi lire ce livre aujourd'hui ?

Le Portrait de Dorian Gray peut se lire comme une analyse de ce que produit l'impunité apparente : Dorian ne souffre pas visiblement des conséquences de ses actes, ce qui lui permet de les répéter. La relation entre la responsabilité et la conscience de ses conséquences — le fait que Dorian cache le tableau précisément parce qu'il ne peut pas supporter de voir ce qu'il est devenu — est ce qui constitue la dimension morale réelle du roman, derrière les décors esthétistes.

Le roman a été utilisé au procès de Wilde en 1895 comme preuve de ses tendances immorales — un retournement historique frappant pour un livre dont la préface affirme l'inutilité morale de l'art. Que le roman soit à la fois un plaidoyer pour l'autonomie esthétique et une démonstration des conséquences morales de l'hédonisme absolu n'est pas une contradiction : c'est la tension productive que Wilde a construit et qui lui a valu d'être condamné par le texte même qu'il pensait protéger.