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Les Frères Karamazov
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Fiodor Dostoïevski
1880

Les Frères Karamazov

par Fiodor Dostoïevski
AuteurFiodor Dostoïevski
Parution1880
Pages~796
LangueFrançais
LicenceDomaine public
Temps de lecture estimé
~20 heures · 796 pages · 467 mots d'analyse éditoriale
20h
lecture

À propos de l'œuvre

Les Frères Karamazov, dernier roman de Dostoïevski, publié en 1880, est structuré autour d'un parricide : Fiodor Karamazov, père débauché et sans scrupules, est assassiné. Chacun de ses trois fils légitimes porte en lui une part de la question posée par ce meurtre. Dmitri, impulsif et passionné, est soupçonné et jugé. Ivan, intellectuel athée, a développé une philosophie selon laquelle sans Dieu tout est permis, mais n'a peut-être pas mesuré la conséquence pratique de cette formule. Aliocha, novice chez un staretz, cherche une voie entre la foi et le monde. Le vrai meurtrier est Smerdiakov, fils illégitime de Fiodor, qui a agi selon la logique d'Ivan.

Thématiques et portée

Le chapitre du Grand Inquisiteur — récit d'Ivan exposé à Aliocha — est l'un des morceaux les plus commentés de la littérature mondiale. Le Christ revient à Séville au XVIe siècle ; le Grand Inquisiteur le fait arrêter et lui explique que l'Église a corrigé son erreur : elle a renoncé à la liberté que le Christ proposait aux hommes, parce que les hommes ne sont pas capables de porter ce fardeau. C'est un plaidoyer athée d'une rigueur saisissante, mis dans la bouche d'un personnage qui doute, dans un roman qui défend la foi. Dostoïevski ne répond pas à Ivan par des arguments : il répond par Aliocha, qui embrasse Ivan sans réfuter sa logique.

Pourquoi lire ce livre aujourd'hui ?

Les Frères Karamazov est probablement le roman le plus dense philosophiquement de tout le XIXe siècle, et il a la particularité d'être simultanément un roman policier, un drame familial, un traité de philosophie morale et une méditation spirituelle. L'idée qu'Ivan formule — que la souffrance d'un seul enfant innocent ne peut être justifiée par aucune harmonie future — n'est pas réfutée dans le roman. Elle est simplement mise en présence de quelque chose qui n'est pas un argument.