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Les Liaisons dangereuses
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Pierre Choderlos de Laclos
1782

Les Liaisons dangereuses

par Pierre Choderlos de Laclos
AuteurPierre Choderlos de Laclos
Parution1782
Pages~482
LangueFrançais
LicenceDomaine public
Temps de lecture estimé
~12 heures · 482 pages · 476 mots d'analyse éditoriale
12h
lecture

À propos de l'œuvre

Les Liaisons dangereuses, roman épistolaire publié en 1782 par Choderlos de Laclos, officier militaire, est construit à partir de cent soixante-quinze lettres échangées entre plusieurs correspondants. Les deux principaux sont le vicomte de Valmont et la marquise de Merteuil, anciens amants devenus complices dans un jeu de manipulation sociale. Ils manœuvrent simultanément la séduction de Cécile de Volanges, jeune fille naïve sortant du couvent, et celle de la présidente de Tourvel, femme vertueuse et mariée. Laclos présente ces lettres comme des documents authentiques — une feinte éditoriale qui accentue le caractère documentaire de la cruauté décrite.

Thématiques et portée

Ce qui distingue Laclos des romanciers libertins de son époque, c'est que la séduction est ici un système de pouvoir, pas un divertissement érotique. Merteuil, dans la lettre LXXXI souvent considérée comme le centre philosophique du roman, décrit avec une lucidité glaçante comment elle s'est construite elle-même en s'observant constamment, en apprenant à maîtriser ses expressions, à simuler les émotions attendues. Elle est une femme qui a compris que la société ne lui laissait d'autre espace d'agency que la dissimulation, et qui a transformé cette contrainte en méthode. La destruction finale de Merteuil n'est pas une punition morale : c'est la conséquence logique d'un monde qui écrase ce qu'il ne peut pas contrôler.

Pourquoi lire ce livre aujourd'hui ?

Les Liaisons dangereuses ont engendré une industrie d'adaptations qui tendent à en faire un drame de passion et de jalousie. Le roman lui-même est plus froid et plus politique que cela. Ce que Laclos analyse, c'est le fonctionnement du pouvoir dans un espace où les règles officielles sont universellement utilisées comme instruments de domination plutôt que comme normes vécues. Cette description d'une société où le langage moral sert à masquer les rapports de force n'a rien perdu de sa capacité à rendre inconfortable.