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Nana
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Émile Zola
1880

Nana

par Émile Zola
AuteurÉmile Zola
Parution1880
Pages~485
LangueFrançais
LicenceDomaine public
Temps de lecture estimé
~12 heures · 485 pages · 458 mots d'analyse éditoriale
12h
lecture

À propos de l'œuvre

Nana, neuvième volume des Rougon-Macquart, publié en 1880, est la suite directe de L'Assommoir : Anna Coupeau, dite Nana, était l'enfant que l'on apercevait dans le roman précédent au milieu de la déchéance de ses parents. On la retrouve adulte, actrice de théâtre populaire, devenue courtisane à succès dans le Paris du Second Empire. Zola a préparé le roman par une enquête sur les coulisses du théâtre et les milieux de la prostitution de haut vol. La mort de Nana de la variole en 1870, au moment même où le tocsin annonce la guerre franco-prussienne, ferme le roman sur une image condensant deux décadences simultanées.

Thématiques et portée

Zola construit Nana selon la logique du naturalisme héréditaire : elle porte en elle l'alcoolisme et la dégradation de ses parents, et sa puissance destructrice est moins un choix moral qu'une fonction dans le système. Nana ne cherche pas à détruire les hommes qui se ruinent pour elle : elle est simplement au centre d'un mécanisme dont les hommes de la haute bourgeoisie et de l'aristocratie sont les engrenages consentants. La satire du Second Empire est ici totale : les institutions sont représentées par des hommes qui passent leur argent, leur temps et leur dignité dans une relation que la société condamne officiellement mais finance en pratique.

Pourquoi lire ce livre aujourd'hui ?

Nana a souvent été lu comme un roman sur la prostitution ou comme une déclinaison du mythe de la femme fatale, deux lectures réductrices. Ce que Zola décrit, c'est l'économie du désir dans une société de classe : les hommes qui financent Nana cherchent une transgression sociale autorisée, un espace où les règles qui gouvernent leurs vies officielles sont suspendues. Nana est l'opérateur de cette transgression, ce qui lui confère un pouvoir réel sans lui donner de liberté véritable. Cette structure n'est pas propre au XIXe siècle.