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Pères et Fils
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Ivan Tourguéniev
1862

Pères et Fils

par Ivan Tourguéniev
AuteurIvan Tourguéniev
Parution1862
Pages~288
LangueFrançais
LicenceDomaine public
Temps de lecture estimé
~7 heures · 288 pages · 466 mots d'analyse éditoriale
7h
lecture

À propos de l'œuvre

Pères et Fils, publié par Ivan Tourguéniev en 1862, introduit dans la littérature mondiale le terme et le personnage du nihiliste, à travers Evguéni Bazarov, étudiant en médecine aux convictions radicales. Bazarov nie toute valeur aux traditions, à l'art, à l'amour romantique, à toute forme de sentiment non fondé sur l'utilité matérielle. Il accompagne son ami Arkadi Kirsanov en visite chez les parents de celui-ci, où sa philosophie entre en collision frontale avec les représentants de la génération libérale et romantique des années 1840 — notamment Pavel Kirsanov, oncle d'Arkadi, dandy anglophile aux convictions libérales.

Thématiques et portée

Ce qui a rendu Pères et Fils inépuisable est que Tourguéniev ne donne raison à personne entièrement. Bazarov est sincère, courageux, intellectuellement rigoureux — et sa rencontre avec Anna Odintsova, dont il tombe amoureux contre ses propres principes, révèle que le nihilisme ne résiste pas à la réalité de ses propres affects. Pavel Kirsanov défend des valeurs libérales qui sont honnêtes mais qui n'ont aucune prise sur les problèmes réels de la Russie pré-émancipation. Le roman a été attaqué à gauche comme une caricature du nihilisme et à droite comme une apologie — ce qui suggère que Tourguéniev a atteint l'exactitude qu'il cherchait.

Pourquoi lire ce livre aujourd'hui ?

Pères et Fils est un roman extraordinairement court pour ce qu'il accomplit : en deux cents pages, Tourguéniev dresse le portrait d'une génération russe au moment d'une transformation historique majeure, analyse deux visions incompatibles du monde, et fait mourir son personnage le plus vivant d'une infection accidentelle en soignant des paysans. La mort de Bazarov n'est pas punitive : c'est simplement la mort d'un homme qui travaillait sans précautions. C'est précisément ce naturalisme de la fin qui rend le roman si difficile à oublier.

La réception de Pères et Fils en Russie a été un phénomène social autant que littéraire : les jeunes radicaux ont vu dans Bazarov une figure libératrice mal traitée par Tourguéniev, tandis que les conservateurs y voyaient une attaque contre la tradition. Tourguéniev, qui cherchait l'équilibre, a été rejeté par les deux camps. Cette double hostilité est peut-être la meilleure preuve de ce qu'il avait atteint : une représentation suffisamment précise pour être inutilisable comme simple instrument idéologique.