AccueilPhilosophie › Candide ou l'Optimisme
Candide ou l'Optimisme
— ✦ —
Voltaire
1759

Candide ou l'Optimisme

par Voltaire
AuteurVoltaire
Parution1759
Pages~130
LangueFrançais
LicenceDomaine public
Temps de lecture estimé
~3 heures · 130 pages · 461 mots d'analyse éditoriale
3h
lecture

À propos de l'œuvre

Candide ou l'Optimisme, publié en janvier 1759, est une réponse directe à la théorie leibnizienne de la meilleure des mondes possibles. Le tremblement de terre de Lisbonne du 1er novembre 1755, qui fit entre dix et quarante mille morts, avait rendu moralement insupportable l'optimisme philosophique officiel. Candide, élevé au son des maximes du professeur Pangloss selon lesquelles tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles, est expulsé de son château et traverse une série de catastrophes qui démentent systématiquement cette philosophie, avant de s'établir dans un jardin à Constantinople avec un groupe de survivants.

Thématiques et portée

Voltaire ne propose pas un contre-système philosophique mais une méthode : l'accumulation satirique. Chaque catastrophe que traverse Candide — l'Inquisition, le tremblement de terre, l'esclave au Surinam dont les membres ont été mutilés, les guerres des Abares et des Bulgares — est choisie pour son caractère historiquement attesté. Voltaire ne fabule pas le mal : il documente. Pangloss, qui survit à la pendaison, à la galère et à la syphilis en maintenant que tout va bien, représente le privilège intellectuel qui permet à certains de théoriser le bonheur depuis une position protégée.

Pourquoi lire ce livre aujourd'hui ?

Candide est probablement le texte le plus court du corpus ici rassemblé et l'un des plus denses politiquement. Il se lit en quelques heures et contient, sous forme de fiction picaresque, une critique de la théodicée, de la colonisation, de l'esclavage, de la guerre et du dogmatisme philosophique. Ce qui le distingue d'un pamphlet, c'est que Voltaire maintient jusqu'à la fin une tonalité de conte légèrement absurde qui empêche la lecture édifiante. La conclusion — il faut cultiver notre jardin — a été lue comme pragmatisme, nihilisme et sagesse stoïcienne, et son ambiguïté délibérée est ce qui lui a permis de traverser les siècles.