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Le Cid
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Pierre Corneille
1637

Le Cid

par Pierre Corneille
AuteurPierre Corneille
Parution1637
Pages~112
LangueFrançais
LicenceDomaine public
Temps de lecture estimé
~3 heures · 112 pages · 458 mots d'analyse éditoriale
3h
lecture

À propos de l'œuvre

Le Cid, créé en janvier 1637, est la pièce qui a lancé la carrière de Corneille et déclenché la première grande querelle littéraire française, dans laquelle l'Académie française nouvellement fondée s'est prononcée contre la pièce au nom des règles classiques. Rodrigue, jeune noble castillan, est aimé de Chimène dont le père vient d'insulter le sien. L'honneur nobiliaire impose à Rodrigue de venger son père en tuant celui de Chimène, ce qui lui impose de perdre l'amour de celle-ci. Chimène, de son côté, est contrainte par le même code d'honneur de réclamer la mort de l'homme qu'elle aime.

Thématiques et portée

Corneille travaille dans Le Cid une question que la tragédie grecque avait posée différemment : celle du conflit entre deux obligations également légitimes. Ce n'est pas le conflit entre le bien et le mal mais entre deux formes du bien — l'amour et l'honneur — qui sont dans ce cas précis structurellement incompatibles. Ce que les critiques classiques lui ont reproché (la vraisemblance discutable du mariage final) révèle en creux la nature du projet : Corneille ne cherche pas le vraisemblable mais l'admirable, au sens technique du terme — ce qui force l'admiration parce qu'il dépasse les capacités morales ordinaires.

Pourquoi lire ce livre aujourd'hui ?

Le Cid est le texte le plus accessible du corpus du théâtre classique français pour un lecteur qui n'en est pas familier : l'action est lisible, les enjeux sont posés clairement dès le premier acte. Ce qui reste actuel dans la pièce, c'est la question de ce que les structures sociales font aux sentiments individuels — comment un code collectif peut contraindre deux personnes qui s'aiment à se détruire mutuellement, non par méchanceté, mais par conformité à des attentes qu'aucun des deux n'a formulées.

La querelle du Cid est en elle-même un document fascinant sur le fonctionnement des institutions littéraires au XVIIe siècle : l'Académie française, fondée deux ans plus tôt, a utilisé son premier grand jugement pour défendre les règles classiques contre un succès populaire indéniable. Que Corneille ait finalement eu le dernier mot — Le Cid est resté dans le répertoire, les arguments de l'Académie ne sont plus lus que par des spécialistes — est une ironie de l'histoire littéraire.